Ce qu’il faut savoir sur l’apnée du sommeil

18 Jan 2022

L’apnée du sommeil, aussi appelée SAHOS pour Syndrome d’Apnées-Hypopnées Obstructives du Sommeil, est un trouble qui touche près de 4 % de la population française. Elle se caractérise par des pauses anormalement fréquentes de la respiration. L’apnée du sommeil intervient lorsque les conduits respiratoires de l’arrière gorge sont obstrués. Cela engendre de multiples conséquences. En effet, les dormeurs confrontés à l’apnée du sommeil voient leur qualité de vie se détériorer et peuvent être sujets à différentes pathologies. Que faut-il savoir sur ce syndrome ? Comment améliorer la qualité du sommeil des personnes souffrant d’apnée du sommeil ?

Comment savoir si l’on fait de l’apnée du sommeil ?

Il n’est pas toujours facile de détecter une apnée du sommeil car ce syndrome se produit pendant la nuit. Plusieurs techniques peuvent cependant vous aider à identifier cette habitude nocturne.

Identifier soi-même une apnée du sommeil

L’apnée du sommeil est caractérisée par des pauses respiratoires allant de 10 à 30 secondes et cela plusieurs fois par heure. Si vous dormez avec un partenaire, celui-ci peut très rapidement s’en rendre compte. L’apnée du sommeil peut également se manifester par des ronflements, des sueurs nocturnes, un sommeil agité, une respiration haletante, des réveils répétés, une grande fatigue ou encore de la somnolence pendant la journée. Ces signes peuvent vous alerter sur votre comportement nocturne.

Consulter un médecin pour poser un diagnostic

Vous n’êtes pas certain de faire de l’apnée pendant votre sommeil ? Le mieux reste de vous tourner vers un spécialiste qui pourra poser un diagnostic sur votre situation. La première étape consiste en une consultation médicale et la seconde en un bilan du sommeil. La consultation suit le déroulement suivant :

  • le médecin réalise un questionnaire sur les troubles du sommeil du patient aidé de l’Échelle de Somnolence d’Epworth (vous pouvez également le réaliser chez vous) ;
  • un examen ORL est ensuite nécessaire afin de chercher les éventuels obstacles respiratoires ;
  • le médecin va rechercher si des facteurs favorisant l’apnée du sommeil sont présents chez le patient (surpoids, hypertension artérielle, risques cardiovasculaires, etc.)
  • le patient devra tenir un journal de son sommeil répertoriant ses inconforts nocturnes.

Lorsque le médecin suspecte une apnée du sommeil, il peut aller plus loin et vous proposer un bilan du sommeil à réaliser dans une unité spécialisée dans le sommeil. Des examens complémentaires seront réalisés ainsi qu’un enregistrement du sommeil. Ce dernier va permettre d’étudier plusieurs éléments tels que les activités cérébrales, musculaires ainsi que les mouvements oculaires. L’enregistrement va étudier en profondeur les différentes phases du sommeil (le sommeil léger, le sommeil profond et le sommeil paradoxal).

Qu’est-ce qui provoque l’apnée du sommeil ?

L’apnée du sommeil intervient lorsque les conduits respiratoires de l’arrière gorge du dormeur sont obstruées pendant le sommeil. Il résulte ainsi une interruption de la ventilation naturelle et cela conduit à un manque d’oxygène chez la personne concernée. Un signal est automatiquement envoyé au cerveau qui va réagir et réveiller le dormeur afin qu’il respire de nouveau. Les pauses respiratoires sont courtes, entre 10 et 30 secondes, et peuvent se répéter plusieurs fois par heure pendant la nuit. Les micro-réveils du dormeur ne sont la plupart du temps pas en pleine conscience. En résulte une qualité du sommeil très mauvaise et un impact certain sur la santé et la qualité de vie du dormeur.

Les facteurs qui peuvent favoriser l’apnée du sommeil

Certaines prédispositions chez le dormeur atteint d’une apnée du sommeil peuvent favoriser l’interruption de la respiration la nuit. Elles sont particulièrement à prendre en compte et à surveiller pour éviter l’apparition d’une apnée du sommeil. Voici ces facteurs considérés comme aggravants :

  • la consommation d’alcool, de sédatif ou de tabac ;
  • le surpoids : on constate que l’obésité est responsable à 70 % de l’apnée du sommeil ;
  • l’avancée en âge : l’apnée du sommeil est plus présente chez les personnes vieillissantes (plus fréquent chez les femmes après la ménopause par exemple) ;
  • le sexe : l’apnée du sommeil conserne deux fois plus les hommes que les femmes ;
  • les troubles ORL : les personnes en souffrant sont plus sujets à l’apnée du sommeil. Il en va de même pour les anomalies de la mâchoire et les troubles respiratoires.

Est-ce qu’on peut mourir de l’apnée du sommeil ?

C’est une question très souvent posée, à juste titre, puisqu’on parle de pauses répétées de la respiration et que le cœur est très sollicité pendant les arrêts respiratoires. Si l’apnée ne tue pas directement, elle augmente sensiblement le risque de mort subite par arrêt cardiaque et peut être liée à d’autres maladies qui, elles, sont mortelles. Les apnées du sommeil sont donc à prendre très au sérieux lorsqu’elles sont soupçonnées ou diagnostiquées.

Voici les troubles et maladies qui peuvent être développés en cas d’apnée du sommeil :

  • l’hypertension artérielle ;
  • le diabète ;
  • les troubles du rythme cardiaque ;
  • des anomalies des graisses dans le sang ;
  • les maladies coronarienne ;
  • l’accident vasculaire cérébral ;
  • l’insuffisance cardiaque ;
  • le syndrome métabolique.

On constate qu’à long terme si une apnée du sommeil n’est pas traitée, cela augmente les risques de mortalité. Il est donc important de la surveiller de près.

Comment faire pour ne plus faire d’apnée du sommeil ?

Si vous identifiez le syndrome de l’apnée du sommeil chez vous, la première chose à faire est d’aller consulter un médecin pour être diagnostiqué. C’est lui qui vous informera sur le stade de votre apnée du sommeil. Il existe trois stades d’apnée du sommeil, calculés en fonction du nombre d’apnées par heure :

  • Apnée du sommeil légère : entre 5 et 15 apnées/heure ;
  • Apnée du sommeil modérée : entre 16 et 30 apnées/heure ;
  • Apnée du sommeil  sévère : nombre d’apnées/heure supérieur à 30.

Le médecin vous prescrira un traitement adapté à votre type d’apnée du sommeil. Dans certains cas, il sera nécessaire de porter un masque pendant la nuit.

En complément, si vous souhaitez atténuer vous-même votre apnée du sommeil, plusieurs bonnes habitudes peuvent être prises :

  • faire un régime : la perte de poids améliore la qualité du sommeil ;
  • améliorer votre qualité de vie : réduire l’alcool, le tabac, les somnifères et tout autre excès ;
  • changer votre manière de dormir : sur le côté vous avez moins de risque de faire de l’apnée du sommeil que si vous dormez sur le dos ;
  • changer d’oreiller : choisir un oreiller à mémoire de forme va aligner naturellement votre posture et faciliter l’ouverture des voies respiratoires (oreiller anti-ronflement) ;
  • surélever le haut de votre matelas pour une meilleure position du lit ;
  • prendre en charge vos allergies : cela va vous éviter d’obstruer vos voies respiratoires et va limiter les ronflements et apnées.

 

Si vous êtes bien pris en charge par un médecin et que vous suivez ces quelques conseils, vous allez faire régresser votre apnée du sommeil et retrouver un confort optimal pendant la nuit. Soigner les apnées du sommeil va également atténuer les troubles du sommeil, augmenter votre qualité de vie et arrêter les somnolences et les endormissements pendant la journée.