L’apnée du sommeil : traitement, causes, symptômes …

19 Jul 2022

L’apnée du sommeil, aussi appelée SAHOS pour Syndrome d’Apnées-Hypopnées Obstructives du Sommeil, est un trouble qui touche près de 4 % de la population française. Comment se caractérise l’apnée du sommeil ? Quels en sont les symptômes et les causes ? Qui peut établir le diagnostic et quels sont les traitements possibles ? Peut-on mourir de cette pathologie ? Et enfin, existe-t’il des astuces pour diminuer

L’apnée du sommeil : c’est quoi ?

L’apnée du sommeil intervient chez le sujet lorsque les conduits respiratoires de l’arrière gorge sont obstrués durant son sommeil.

L’apnée du sommeil est caractérisée par des pauses respiratoires anormalement fréquentes : elles vont de 10 à 30 secondes, plusieurs fois par heure.

Résultat ? La ventilation naturelle du dormeur est interrompue avec pour conséquence un manque d’oxygène.

Important : un signal est automatiquement envoyé au cerveau qui va réagir et réveiller le dormeur afin qu’il respire de nouveau.

Il existe trois stades d’apnée du sommeil, calculés en fonction du nombre d’apnées par heure :

  • apnée du sommeil légère : entre 5 et 15 apnées/heure ;

  • apnée du sommeil modérée : entre 16 et 30 apnées/heure ;

  • apnée du sommeil  sévère : nombre d’apnées/heure supérieur à 30.

Les symptômes de l’apnée du sommeil

L’apnée du sommeil est une pathologie qui a un retentissement à la fois sur la qualité de sommeil du sujet et sur sa qualité de vie en général.

Voici les symptômes ressentis par les personnes atteintes de cette maladie :

  • blocage du flux respiratoire pendant le sommeil,

  • émission de bruits semblables à l’étouffement,

  • respiration haletante,

  • ronflements,

  • sueurs nocturnes,

  • micro-réveils fréquents durant la nuit,

  • détérioration de la qualité du sommeil,

  • survenue d’insomnies,

  • somnolence accrue en journée,

  • problèmes de vue,

  • sensation d’être déprimé,

  • difficultés à conduire,

Outre ces symptômes, qui sont généralement décelés par le partenaire du dormeur, la personne sujette à une apnée du sommeil présente des risques de santé associés à cette pathologie comme :

  • des problèmes cardiaques,

  • un risque accru de crise cardiaque,

  • un risque accru d’AVC,

  • l’aggravation du diabète,

Les causes de l’apnée du sommeil

Il existe de multiples causes et facteurs qui tendent à aggraver la survenue d’une apnée du sommeil avérée chez le sujet :

  • la consommation fréquente d’alcool, de sédatif ou de tabac ;

  • le surpoids : l’obésité est responsable à 70 % de l’apnée du sommeil ;

  • l’avancée en âge : l’apnée du sommeil est plus présente chez les personnes vieillissantes* ;

  • le sexe : l’apnée du sommeil conserne deux fois plus les hommes que les femmes ;

  • les troubles ORL chroniques :  sinusite, obstruction des fosses nasales, … ;

  • les anomalies de la mâchoire : malocclusion, … ;

  • les troubles respiratoires : asthme, …

*Exemple : la fréquence de l’apnée du sommeil est plus élevée chez les femmes ménopausées.

Le diagnostic de l’apnée du sommeil

Le diagnostic d’un syndrome d’apnée du sommeil ne peut être posé que par un médecine spécialisé :

  • cardiologue,

  • neurologue,

  • ORL,

  • pneumologue,

  • psychiatre,

  • somnologue.

NB : c’est le médecin généraliste qui oriente le sujet vers le spécialiste le plus adapté à son cas. Il peut administrer au patient le questionnaire de l’Échelle de Somnolence d’Epworth pour s’assurer de la présence d’un trouble du sommeil.

Dans un second temps, voici le déroulement classique d’une consultation, réalisée par le médecin spécialiste (cardiologue, ORL, …) :

  • le spécialiste cherche les éventuels obstacles respiratoires ;

  • il recherche aussi chez le patient les facteurs favorisant l’apnée du sommeil : surpoids, hypertension artérielle, risques cardiovasculaires, … ;

  • le médecin demande au patient de tenir un journal de son sommeil répertoriant ses inconforts nocturnes.

Suite à cette première consultation chez le spécialiste et si une apnée du sommeil est suspectée, le médecin peut prescrire un bilan du sommeil qui comprend :

  • des examens complémentaires : électrocardiogramme, mouvements respiratoires, saturation du sang en oxygène, …

  • l’enregistrement du sommeil : activités cérébrales, musculaires et mouvements oculaires.

  • l’étude des phases du sommeil : le sommeil léger, le sommeil profond et le sommeil paradoxal.

Ce bilan a généralement lieu à l’hôpital ou en clinique, au sein d’une unité spécialisée dans le sommeil.

Le médecin spécialisé peut aussi munir son patient d’un appareil permettant l’enregistrement du sommeil à domicile.

Bon à savoir : sangle abdominale & apnée du sommeil

Les graisses stockées au niveau de l’abdomen favorisent la survenue du syndrôme d’apnée du sommeil.

C’est cette accumulation de graisse qui bloque le passage de l’air dans la gorge et le nez durant la nuit.

NB : il en va de même pour le gras stocké au niveau du cou et du pharynx.

Le test de l’apnée du sommeil

Il existe un test à réaliser chez soi pour détecter la survenue d’une somnolence diurne : c’est l’Échelle de Somnolence d’Epworth.

Imaginez-vous dans l’une des situations suivantes si vous n’y avez pas été confronté récemment :

Contexte

Risque de s’endormir

Vous lisez en position assises

0

1

2

3

Vous regardez la télévision en position assises

0

1

2

3

Vous restez inactif dans un lieu public : cinéma, réunion, …

0

1

2

3

Vous êtes passager d’une voiture pendant un heure

0

1

2

3

Vous êtes allongé durant l’après-midi

0

1

2

3

Vous parlez à quelqu’un en position assises

0

1

2

3

Vous êtes assis au calme après un déjeuner sans alcool

0

1

2

3

Vous êtes dans une voitures à l’arrêt depuis quelques minutes

0

1

2

3

Légende

Interprétation

  • 0 = aucun risque de somnoler ou de s’endormir

  • 1 = faible risque de s’endormir

  • 2 = risque moyen de s’endormir

  • 3 = risque élevé de s’endormir

  • 0-6 : sommeil suffisant

  • 7-8 : qualité de sommeil améliorable

  • 9 et + : somnolence excessive en journée, pathologie probable

  • 15 et + : somnolence très importante en journée, pathologie très probable.

Le traitement de l’apnée du sommeil

Si vous identifiez le syndrome de l’apnée du sommeil chez vous, allez consulter un médecin pour être diagnostiqué. C’est lui qui détermine le stade de votre apnée du sommeil.

Dans certains cas, il sera nécessaire de porter un masque, qui agit comme une aide respiratoire pendant la nuit :

  • masque nasal, qui se positionne uniquement sur le nez,

  • masque facial : qui englobe le nez et la bouche,

  • masque narinaire : qui se positionne sous le nez.

NB : d’autres traitements que le masque nocturne existent (médicaments, neurostimulation, thérapie comportementale, opération, …)

Peut-on mourir de l’apnée du sommeil ?

C’est une question très souvent posée, à juste titre, puisqu’on parle de pauses répétées de la respiration et que le cœur est très sollicité pendant les arrêts respiratoires.

Si l’apnée ne tue pas directement, elle augmente sensiblement le risque de mort subite par arrêt cardiaque. Elle peut aussi être liée à d’autres maladies qui, elles, sont mortelles.

Voici les troubles et maladies qui peuvent être développés en cas d’apnée du sommeil :

  • l’hypertension artérielle ;

  • le diabète ;

  • les troubles du rythme cardiaque ;

  • des anomalies des graisses dans le sang ;

  • les maladies coronarienne ;

  • l’accident vasculaire cérébral ;

  • l’insuffisance cardiaque ;

  • le syndrome métabolique.

On constate qu’à long terme si une apnée du sommeil n’est pas traitée, cela augmente les risques de mortalité. Il est donc important de la surveiller de près.

Les astuces contre l’apnée du sommeil

En complément du traitement prescrit par le médecin, plusieurs astuces existent pour atténuer soi-même une apnée du sommeil :

  • faire un régime : la perte de poids améliore la qualité du sommeil ;

  • améliorer votre qualité de vie : réduire l’alcool, le tabac, les somnifères et tout autre excès ;

  • changer votre manière de dormir : sur le côté vous avez moins de risque de faire de l’apnée du sommeil que si vous dormez sur le dos ;

  • changer d’oreiller : choisir un oreiller à mémoire de forme va aligner naturellement votre posture et faciliter l’ouverture des voies respiratoires (oreiller anti-ronflement) ;

  • surélever le haut de votre matelas pour une meilleure position du lit ;

  • prendre en charge vos allergies : cela va vous éviter d’obstruer vos voies respiratoires et va limiter les ronflements et apnées.

Si vous êtes bien pris en charge par un médecin et que vous suivez ces quelques conseils, vous allez faire régresser votre apnée du sommeil et retrouver un confort optimal de vie.