Comprendre l’hypersomnie : ses symptômes, causes, traitements possibles

15 Nov 2022
Rôle de la lumière du jour sur le sommeil

Vous pensez dormir trop ? Une somnolence excessive vous envahit pendant la journée ? Peut-être souffrez-vous d’hypersomnie. Tout comme l’insomnie et le somnambulisme, il s’agit d’un trouble du sommeil.

Nos experts vous aident à mieux comprendre les symptômes, les causes et les traitements de l’hypersomnie.

L’hypersomnie : qu’est-ce que c’est ?

L’hypersomnie est un trouble du sommeil reconnaissable par un besoin excessif de dormir.

Il en existe deux types :

  1. L’hypersomnie primaire (également appelé hypersomnie centrale)

Elle est à ce jour très mal comprise. Il en existe 3 formes : la narcolepsie, l’hypersomnie récurrente et l’hypersomnie idiopathique.

  1. L’hypersomnie secondaire

Il s’agit du trouble le plus fréquemment subi dont on sait identifier les causes.

 

Bon à savoir

L’hypersomnie idiopathique est considérée comme une hypersomnie primaire. Relativement rare, cette pathologie se caractérise par une somnolence diurne excessive et un sommeil nocturne non reposant.

 

Les symptômes de l’hypersomnie

Type d’hypersomnie

Symptômes

Hypersomnie primaire

Narcolepsie

  • somnolence diurne excessive et des endormissements irrépressibles

Hypersomnie récurrente (ou syndrome de Kleine-Levin)

  • épisodes d’hypersomnie sur plusieurs jours accompagnés de troubles cognitivo-comportementaux

Hypersomnie idiopathique

  • somnolence diurne excessive permanente accompagnée d’un sommeil nocturne non reposant (de durée normale ou plus importante)

Hypersomnie secondaire

  • sensation d’épuisement temporaire ou persistante avec un besoin urgent de dormir

  • sommeil plus long que la normale

  • somnolence diurne excessive avec des difficultés à se concentrer

  • des difficultés à se réveiller le matin

Les causes de l’hypersomnie secondaire

Parmi les causes les plus courantes de l’hypersomnie secondaire, on retrouve :

  • le manque de sommeil ;

  • un épuisement physique ;

  • certaines maladies (d’origine psychiatrique notamment, mais aussi les maladies endocriniennes comme l’hypothyroïdie ou le diabète) ;

  • l’arrêt brutal de stimulants ;

  • une prise excessive de sédatifs, somnifères, médicaments hypnotiques ou autre médicament pour dormir ;

  • un trouble neurologique (traumatisme, neurodégénérescence, etc.) ;

  • ou encore une infection liée au virus Epstein-Barr ou au syndrome de Guillain-Barré.

 

Bon à savoir

Mal comprise à ce jour, l’hypersomnie primaire pourrait notamment être liée à une maladie rare : la narcolepsie. Les causes de l’hypersomnie idiopathique et de l’hypersomnie récurrente ne sont pas précisément identifiées à ce jour.

Comment est diagnostiquée l’hypersomnie ?

Pour s’assurer que vous souffrez d’un trouble du sommeil et plus précisément d’hypersomnie, le médecin traitant fait passer un examen psychologique et un examen clinique. Des examens complémentaires permettent ensuite d’identifier l’origine de l’hypersomnie et de mieux comprendre pourquoi les cycles du sommeil du patient sont perturbés.

 

Pour cela, une phase d’analyse approfondie est mise en place, avec :

  • un suivi du sommeil : le patient note tous les jours combien de temps il a dormi, les horaires, les difficultés d’endormissement ou de réveil, les éventuelles phases d’éveil la nuit ou de sommeil la journée, etc.

  • l’actimétrie : le patient porte un actimètre, il s’agit d’un bracelet équipé de capteurs capables d’analyser la qualité du sommeil ;

  • une polysomnographie nocturne : cette technique consiste à installer un électroencéphalogramme (EEG), un électro-oculogramme ou un électromyogramme pour mesurer la qualité et la quantité de sommeil ;

  • un test itératif de latence d’endormissement (TILE) pour évaluer la capacité du patient à s’endormir en journée ;

  • un test de maintien d’éveil (TME) pour évaluer la capacité du patient à rester éveillé en journée.

 

Bon à savoir

L’hypersomnie secondaire n’est pas un trouble du sommeil rare. Elle peut concerner les hommes comme les femmes et de tout âge. Beaucoup plus rare, l’hypersomnie primaire touche principalement les adolescents et les jeunes adultes.

 

Quels traitements contre l’hypersomnie ?

Une fois le diagnostic établi, le médecin va traiter la cause de l’hypersomnie. Pour que le patient retrouve un sommeil réparateur, le traitement de l’hypersomnie peut consister à :

  • proposer des mesures hygiéno-diététiques ;

  • prescrire certains médicaments psychostimulants pour stimuler la concentration en journée ;

  • prescrire des médicaments pour thymorégulateurs permettant de mieux réguler l’humeur du patient.

Les bons gestes à prendre pour un sommeil réparateur

Afin de prévenir le retour de phases d’hypersomnie secondaires, il est possible d’adopter de nouvelles habitudes pour favoriser un sommeil réparateur.

Nos experts conseillent de :

  • se coucher à heure régulière et dès que la fatigue se fait ressentir le soir ;

  • prévoir une durée de sommeil suffisante (soit entre 7 et 8 heures par nuit pour un adulte) ;

  • vérifier le bon état de sa literie (un matelas et un sommier de plus de 10 ans doivent être changés) ;

  • faire une sieste en début d’après-midi si vous avez mal dormi la nuit précédente (attention, des siestes de 20 à 30 minutes seront à privilégier pour ne pas perturber votre rythme de sommeil) ;

  • éviter de consommer du thé et du café en fin de journée ;

  • dîner léger pour bien dormir ;

  • pratiquer des exercices de relaxation avant de dormir ;

  • limiter les écrans et privilégier la lecture avant d’aller vous coucher ;

  • éviter de faire du sport après 19 heures ;

  • essayer de maintenir une température comprise entre 18 et 19 °C dans votre chambre à coucher.